La vie à chercher

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La science est un espace à haut risque. Du chaud et du froid. Un dépaysement dès que vous passez les frontières et créez des mélanges sans consentir aux lois du genre. Oubliez les réveils tardifs, les repas à heure fixe et jusqu’au temps libre. Différends sur le fond, querelles sur la forme, chacun tente d’atteindre le haut de l’affiche avec primes à la performance. Esprits dissidents et mauvais esprits, attentistes ou acharnés, il y aura de tout à accommoder dans cet inventaire. Et pourtant, ce qui vous fera courir, c’est cette obstination à rouvrir l’ordre du monde, à inscrire des faits nouveaux sur une feuille de papier, à vous enfoncer chaque jour dans le travail des preuves. Une passion, pas moins. Des bonheurs, aussi. Des terres rares, certes, mais heureuses de vous prendre la tête.


Format : 12×17
Nombre de pages : 224 pages
ISBN : 978-2-84418-249-4

Année de parution : 2012

Auteur : Coatrieux Jean-Louis Catégorie :

Description

Le doute est en recherche un compagnon fidèle. Certes, tout le monde ne le fréquente pas. Son ombre nous prend souvent en flagrant délit de croire que nous avons trouvé quelque chose de nouveau ou simplement d’intéressant. Nos face-à-face tissent cette connaissance qui permet de mieux savoir, cette présence obscure pour mieux voir les autres. Vous en prendrez votre parti. L’insatisfaction de la recherche est aussi une affaire sérieuse. Nous ne comprenons pas pourquoi cette occupation mobilise autant d’énergie. Rien n’est jamais résolu vraiment, tout est à toujours recommencer. Le monde abstrait ou réel, inconnu ou pas, selon les sciences, nous résiste et c’est bien. Nous avons beau nous appliquer, prendre du recul ou l’affronter tête la première, changer de terrain d’exercice, elle nous suit pas à pas. Nous contredit. Et ce n’est pas le moindre qu’elle puisse faire. Notre connaissance est si fragile, si incertaine et incomplète qu’inévitablement la question de savoir ce que nous savons est permanente. Nous tâtonnons tellement que même notre présence devient un enjeu quotidien. Heureux ceux qui savent travailler de leurs mains, ils ont au moins l’avantage d’appartenir à une réalité plus humaine. Exister est une exigence qui vous fait fuir des milieux qui rendent intéressants. Le prix à payer est faible puisque vous ne faites qu’abandonner un monde d’apparences. C’est simple. Pour autant, les réponses sont loin d’être acquises. Sauf peut-être que nous ne sommes pas bons à grand-chose. Il y a des matins comme ça où tout va de travers. Vous restez sec, vous avez beau tourner la question posée dans tous les sens, vous ne voyez que des impasses. Être à court d’idées, vous connaissez pourtant, les jours sans aussi. Et au lieu d’aller ailleurs respirer, vous vous obstinez dans l’infime d’un mouvement brownien, dans des leurres trop évidents pour être honnêtes, vous effilochez du hors sujet quand vous devriez, au sens littéral, tailler dans du tissu fin de belles pièces sur mesure, basculer de vos petits arrangements avec la réalité à cette haute couture même un peu dégriffée. Vous la sentez cette peur du moins que zéro. Alors pourquoi ne pas tout envoyer au diable et prendre congé d’un simple salut de la main plutôt que de vouloir en savoir toujours plus ? Entre autres choses. Convenons que la recherche est chose étrange et d’ailleurs il suffit de voir notre embarras à répondre au « que faites-vous dans la vie ». Elle vous a toujours étonné et vous avez du mal à la voir comme objet de connaissance, histoire de la fixer, épinglée à son tour au tableau noir. Les exégèses sauront peut-être dissiper cette attirance pour l’inconnu, pour l’obscurité, ces tumultes silencieux de l’incertitude. étrange, oui, cet entêtement s’ingéniant dans une même vie à disputer un droit à exister avant la lettre et à résister à toute démonstration. Nous essayons de les saisir sur le vif ces impromptus de passage, ces migrations de la pensée, nous opérons par approximations successives, prêts à les dévorer dès l’ouverture trouvée pour les façonner ensuite d’une main analytique. Une histoire en premier lieu de déphasage instantané puis de coups de pelle et de pioche, pour terminer par un jeu de raccommodage. Une histoire trop belle pour être vraie car ces instants sont loin de se sentir chez eux. Nous aimerions comprendre ces artistes qui créent à volonté et savent en étaler des tartines quand nous jouons dans une science trop discrète ou trop peu différenciée. Je ne sais si nous les partageons largement ces états d’absence où vous entendez les voix continuer à parler autour de vous, sans les entendre même lorsqu’elles s’adressent à vous. Je suis ailleurs mais bien incapable de dire où. à résoudre quelque chose certainement mais quoi ? Ceux qui vous observent ne savent pas plus que vous où vous en êtes. Bien souvent ils se fâchent que vous ne les écoutiez pas. à juste titre. J’ai beau tenter de me suivre à la trace, de rassembler les images et les mots, je n’en sais pas plus qu’eux. S’agit-il d’un moment singulier qui me fait découvrir ce qu’autrement je ne verrais pas ? Est-ce la traduction du simple fait de chercher ? L’imagination qui va de soi ? Qui d’entre nous n’a pas eu, un jour ordinaire, le sentiment d’accomplir des tâches machinalement. Sur un mode tellement réflexe que leur sens en est complètement perdu. Ce sont ces moments qui nous interrogent. Nous faisons tout vite, de plus en plus vite comme si demain était trop près. Or la recherche qui compte est celle qui s’alimente de pauses, d’absences. Si nous n’apprenons pas à nous lâcher, il reste peu de chances d’apprendre et encore moins de nous renouveler. Il faut croire que ce mouvement perpétuel nous apporte quelques satisfactions puisque chacun y adhère chaque jour un peu plus. à moins que le choix ne soit plus libre. Un comble en recherche.

Informations complémentaires

Poids 101 g