Seulement L’écho

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Cette anthologie, photographie du haïku contemporain, regroupe une centaine d’auteurs francophones.
Les thèmes abordés sont identiques à ceux de l’anthologie du haïkaï français publiée en 1923 sous la direction de René Maublanc. Par le biais de ce rapprochement, le compilateur, ainsi qu’il le démontre dans l’avant-propos, a voulu présenter l’évolution du haïku et celle de la société au fil du siècle.
Un exercice nullement incompatible avec le plaisir que procure la lecture des haïkus, ces instantanés où filtre l’émotion au travers des sensations évoquées.


Format : 12X17
Nombre de pages : 352
ISBN : 978-2-84418-209-8

 

Année de parution : 2010

Auteur : Chipot Dominique Catégories : ,

Description

L’art poétique

un haïku
au bout de la langue
insaisissable

Soizic Michelot

L’anthologie de René Maublanc débute par trois haïkus, un de Gilbert de Voisins et deux de Julien Vocance, sur le thème de l’art poétique.
C’est spécifiquement de l’art du haïku dont il s’agit.

Le poète japonais
Essuie son couteau :
Cette fois l’éloquence est morte.

Julien Vocance – 1921

Hormis Julien Vocance, qui consacra tout un chapitre de son livre des haïkaï à cette problématique, peu de poètes se sont exprimés sur ce sujet, y compris ceux du 21ème siècle, car un tel thème s’adapte mal au genre, poème des sens par lequel l’auteur cherche à suggérer ce qu’il vit dans l’instant.
J’ai retenu ces quelques textes qui, mieux que d’autres, résument l’état d’âme du haïjin d’aujourd’hui : un poète délaissant la littérature, trop bavarde, pour se concentrer sur les instantanés, insaisissables pour celui qui ne veut pas, ne peut pas, les voir, trop oppressé du passé, trop exigeant du présent ou trop stressé de l’avenir.
Les haïjins de cet ouvrage, reporters de l’ordinaire, vous invitent ainsi à partager leur vie, même banale.

Animaux & fleurs

L’ombre d’un papillon
butine l’ombre d’une fleur
sur le bitume

Lydia Padellec

Les haïjins contemporains sont confrontés à une nature différente de celle des années 20.
Nombre de haïkus de ce chapitre respirent la vie citadine, où l’auteur semble contempler la nature sans vivre en son sein. Les fleurs, les animaux sont les habitués de nos cités.
Les haïkus des années 20 sont emplis de crottin, de bouse, de poulaillers ou d’animaux de traits.
Rien d’anormal !
Le haïku doit refléter, au travers des cinq sens, la vie de l’auteur.
L’imagination n’ayant pas sa place dans le haïku, les ambiances sont nécessairement celles, propres à chaque époque.
D’un tas inerte de crottin
L’auto rapide
Fait jaillir deux hirondelles

René Druart – 1923

Habillée en cheval,
Elle ne sait pas se servir du mors,
La vache.
Albert Poncin – 1920

Œuvres japonaises

Dans l’anthologie de René Maublanc, ce volet est entièrement consacré à Henri Druart qui, en octobre 1922, composa des haïkus en s’inspirant de bibelots japonais découverts au Musée d’art de New-York.

De son marteau
Le tonnelier
Va fendre la terre

Henri Druart – 1922

Achetez mes pommes.
Dans un instant
J’aurai tout mangé !

Henri Druart – 1922

Aucun commentaire n’accompagnant ces textes, nous restons parfois dubitatif.

Informations complémentaires

Poids 300 g