Je vous écris de mes lointains

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Je vous écris de mes lointains, d’un horizon empli du sel des embruns ; je vous écris avec l’encre des souvenirs, de la pluie sur la joue, de la tendresse dans les lignes des mains… J’écris sans trouble des mots qui filent avec les ailes du silence…


Format : 12×17
Nombre de pages : 96 pages
ISBN : 978-2-84418-260-9

Année de parution : 2012

Auteur : Boulic Jean-Pierre Catégorie :

Description

Que dit la poésie ?

Je viens sans glaive, sans épée. J’en appelle à l’encre du ciel, au sang des étoiles, au chant de l’alouette, aux couleurs de la criste-marine, à ce caillou blanc où mon nom est incrusté, ici, sur terre où tout n’existe que par le langage et l’expérience d’un cœur à cœur, là, avec quelque chose qui se donne à écouter, respirer, sentir, toucher. En songe, je rejoins ce frémissement de l’eau glissant des mains de la source souveraine, son frêle reflet teinté d’une lueur impalpable. Aussi je m’en reviens à l’aube… au temps du commencement, sommée de déchiffrer ce qui est la Parole où surgit la vie. Et je m’aperçois que ce qui me dépasse et rend grâce est au cœur du vulnérable voire de l’insondable. Quelle sagesse pourra m’introduire alors aux beautés de la Parole ? Qui me fera poème ? Où naîtra l’inflexion de ma voix vous laissant écouter le simple souffle de l’Ange, son élan sans ivresse ?

 

Accueil Mai.

Le merle veille la merveille sans falsifier le silence. Je me lève au premier chant de l’oiseau. Ciel sans nuages. Peut-être le passereau attend-il de lire le beau désir de l’aube… Je compte et vois sept étoiles, tels des chandeliers. Là-bas, les champs étendent leurs draps de colzas. Près de la roselière, une chapelle engourdie. Des vernes encore dans l’ombre, et les fiançailles du poème. Il ne faut point recroqueviller ses bras de l’encre et de la feuille. C’est l’heure de tendre les mains, d’accorder un mot de bienvenue à la note inouïe surgissant de la transparence du vide.

Écrin matinal.

Arbres et parfums alentour de la blanche maison. On entend s’avancer la tendresse du silence. Aurore et patience donnent aux choses un éclat neuf, comme une douce silhouette de femme fait aimer la vie, son immortelle présence. La beauté apparaît au cœur des fleurs. L’ouvrage s’enlumine non par inadvertance mais en reconnaissance. Et lorsque les rousserolles s’abritent dans les coudriers, la création est une, vive, prête à ramager.

Le jardin

C’est le contraire de la vacance. Il cultive et dispense un bel assortiment de joie. Arôme léger d’un juteux parfum. Once de douceur sur la peau. L’aile d’un oiseau glisse de la branche du sureau. Clarté du bel automne. La rose contemple le papillon qui s’émerveille, se souvenant qu’il fut chrysalide. On s’arrête auprès du vieux mur où la bruyère, couleur d’ombre et de chair, lâche prise. Déjà s’effeuillent les hortensias. On se prend à désirer, curieux d’un manque qui envahit ; on se donne à aimer les rouges mystérieux des allées, les parchemins et tapisseries du décor. Nos pas retenus bruissent de la légèreté du bonheur, surpris de penser que nos parents s’y sont connus et qu’ils vécurent ici, dans le jardin.

brève variation sur un chant de Jean Vuaillat

Comme une herbe qui se penche

à Hélène Cadou

Une page soumise au vent… Dans un poème, c’était hier, c’est aujourd’hui et c’est demain déjà pour chaque rencontre, pour chaque fleur, pour cette jeune fille mais aussi pour les pommiers qui allument la voûte de l’humus. Là-bas, les horizons marins au-delà des biefs et des tourbières… Et l’aube au vent salé où s’éprennent les reinettes. Ô lueurs fragiles ! Ô mains blanches du poète ! Recueillement. Ferveur. Éblouissement. Chaque mot danse d’une pudeur extrême, comme une herbe qui se penche. L’aube. Transparence à venir. Admirable poème d’amour enfin reconnu. Chaque pas de son verset se donne à la fragile existence du fil si ténu de la vie et des biens de ce monde nocturne parés d’amitié

Informations complémentaires

Poids 101 g