Lettre à une moniale

0 out of 5

13,00 

Parler des moniales à partir d’une expérience intime, personnelle et familiale. C’est la démarche adoptée par Pierre Tanguy dans ce recueil.
Sa « Lettre à une moniale » est une forme de méditation sur la vie monastique. C’est aussi une tentative d’approche du mystère entourant ces femmes « présentes et absentes »,
« proches et lointaines » qui ont choisi délibérément de vivre derrière les murs d’un monastère et dont il honore, ici, une forme originale de présence au monde.
Pierre Tanguy ne s’embarrasse pas de généralités mais part du concret de la vie d’une moniale en s’appuyant sur la relation épistolaire qu’il entretient avec elle depuis de nombreuses années. Il ne s’agit pas, pour lui, de la mettre sur un piédestal, mais, à travers le portrait qu’il en dresse (où se mêlent des souvenirs d’enfance), de parler de toutes ces femmes « cloîtrées par volonté », « appelées par Dieu », dont il honore, ici, une forme originale de présence au monde.
Pour ce faire, l’auteur utilise la forme du fragment, un mode d’écriture dont il est coutumier.

 


Format: 96 pages
Nombre de pages: 12×17
ISBN: 13 2-84418-080-9

 

Année de parution : 2009

Auteur : Tanguy Pierre Catégorie :

Description

Je n’écris pas pour te glorifier

ou te mettre sur un piédestal.

C’est de toi que je parle,

mais aussi de toutes les autres.

Moniales, si proches et si lointaines.

 

Femmes appelées,

happées par Dieu

cloîtrées par volonté.

J’honore votre présence au monde.

 

 

I) JE T’AI TOUJOURS ECRIT

Je t’ai toujours écrit.

à sept ans, ou peut-être avant,

je pose ma règle en bois

sur la page blanche de mon cahier d’écolier

(lignes bleues, marge rouge à gauche).

Je tire des traits au crayon noir

pour bien aligner mes phrases.

Bouteille d’encre, porte-plume.

J’écris en respectant tous les déliés.

Jouez hautbois, résonnez musettes,

la bougie palpite sur nos joues.

Je te parle de Noël, des cadeaux au pied de la crèche,

de mes notes à l’école et du maître sévère.

Ça sent bon la mousse fraîche,

la sciure de bois dont on fait le chemin des bergers.

Je te souhaite aussi une bonne année.

 

Au début je t’écrivais une fois par an,

parce que les parents l’exigeaient.

Je ne savais rien de ton visage.

Tu m’as toujours répondu.

Tu n’as jamais failli.

Une écriture légère et ronde

sur du petit papier à lettres.

Tes mots préférés : prière, joie, pensée, cœur.

Je te sentais proche et lointaine.

Mais déjà je portais ta présence.

Mes lettres à Noël,

puis à Pâques, en vacances, en voyage.

Mais jamais au Carême.

J’interroge : « Pourquoi pas au Carême ? »

Sur l’enveloppe ton nom de religieuse,

celui d’un prophète.

Au début de ma lettre, tu redeviens ma tante.
Je te restitue ton prénom de jeune fille.

Informations complémentaires

Poids 101 g