Source des marées, Les concessions nocturnes, Zébrures, D’un lieu, Histoire d’un cahier

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Si Yves Landrein a consacré sa vie aux mots et aux textes des autres, il n’en a pas moins été poète et écrivain lui-même. Auteur d’une œuvre rare, confidentielle, pourtant saluée d’emblée par le Prix Gérard de Nerval, et par Jacques Prévert, il laisse cinq livres réunis ici pour la première fois. On y découvre une voix inattendue, à l’onirisme mélancolique, qui plonge ses racines dans une Bretagne mythologique et une poésie fantastique, célébrant les noces de l’amour et de la mort.

 

Format : 12 x 17

Nombre de pages : 80 pages
ISBN : 978-2-84418-376-7

Année de parution : 24 avril 2018
Auteur : Landrein Yves - Valner Sévy Catégorie :

Description

Minuit d’hiver

Ce soir encore j’ai bu
La lumière émerveillée du réverbère
éclaboussant la rue
Dans le brouillard glacé d’un jet au clair de terre

La cruche de minuit
Source lunaire pleine des visions du poète
à l’instant qui s’enfuit
Irrigue les veines noires d’une morte planète.

oh ! Pluie lumineuse
Des cendres de clarté fleurant la torpeur blême.
Oh ! Pluie lumineuse
hurlant sur les ardeurs sa froide anathème.

Gémissements givrés
Aux lueurs pâles et suffocantes des lanternes
En couples égarées
Sous la bouche lunaire qui humecte son cerne

La voute éthérée
Traîne ses penailles de néant à fleur tombale
Sur la terre réglée
Où l’hématidrose unifie le métal

Morsure éveillée
Des plaies ouvertes aux extases léthargiques
Pâture écorchée
Du rêve évanoui dans son gouffre famélique

Spectre dément du gel
D’un minuit d’hiver ivre d’ardentes fraîcheurs
Haleine d’étincelle
Sur le relief étique aux troublantes pâleurs.

Spectre de nuit

L’envol noir d’un corbeau écrase la pesanteur
Froide angoisse au rictus détourné d’un chacal
Traînant la horde dans les chemins fantômes des
ruines.
Le décor achève la fuite lugubre d’un rapace.
Griffe éventrée de l’écho funèbre qui poursuit
L’hallucinant sabbat d’un blasphème nocturne ;
L’ombre clouée d’un hallier accueille les traits pâles
Du puits céleste déversoir aigre de lune.
La plainte lacérée d’un peuple expire la douleur
Sur la scène d’un débris de fadaises étonnées.
Le paysage imprime son écume de lambeaux
Au déclin effiloché d’un troupeau de foule.
Monstre houleux qui enfle une tempête enracinée.
Un relief de croix décuple les vertèbres creuses
Comme une prière caverneuse hurle l’apocalypse
Enfantée de mains d’hommes pour la vision finale.
Paupières baissées d’un jour décharné par son fiel
Assouvi par sa chair, promesse de son enfer.
Le miroir de terre brisé découvre ses plaies
Au vol affolé d’une colombe dans l’encre rouge
Qui compose l’effroi du lys dans l’orage fatal.
Sous des ripailles de lune saoûle s’enterre la débauche
Pour voiler l’effluve acharné de ses passions.
L’envol noir d’un corbeau écrase la pesanteur
Comme un soupir de glas.

Source

Au clavecin des sources vives
Les éclairs de ton cœur
épanchent l’âme du rêve.
La flamme radieuse de l’iris
S’est épanouie au sein des corolles.
Le jardin des clartés
Suspend des notes tristes
Au cœur de l’incertitude.
éclaboussure de jets radieux
à l’écume du soleil éteint.
Muse de mes chimères.
Source de mes silences.
Silence de mes neiges.
Oh ! Bouche de mes poèmes
Effeuillant les ronces de mon cœur.

L’éveil

Aurore encore crépusculaire
Pâlissant de lueurs blêmes.
Dernières palpitations étoilées.
à l’écorce du rêve.
L’éveil de la ruelle triste
S’abreuve encore de clarté lunaire.
Le fruit du jour exulte
En grelots de rosée.
Le pavé ruisselle.
L’herbe courbe l’échine.
La fumée crache aux cieux.
Les machines gémissent
Le matin blessé se cherche
Mais violé d’artifice
Il s’enfuit avec horreur.

Un ciel

La rose inerme des mirages
Fondait en pierre de feu
Au plafond noir de l’infini.
Le rêve pendait candide
Aux nébuleuses de l’inconscience.
Un frisson d’azur extasié
Assoiffait l’âme des ténèbres.

Le pressoir triomphant de la vie
Préparait le verjus futur.

La géhenne s’est faite un univers
à l’incarnation de l’hostilité.

L’auréole des chérubins
Aux pauvres têtes chenues
Suintait en composition fiéleuse
Sur le suaire du rachat.

La dentelle pour le ver
Et l’argent pour la croix
Criaient sinistrement
Au souvenir de l’espace.

Informations complémentaires

Poids 101 g