Détérioration matérielle de la planète

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Que reste-t-il de Fourier aujourd’hui ? Un mot, le phalanstère, une idée, les communautés utopiques, et peut-être quelques rêves, l’amour libre et le travail attrayant. On sait moins que Charles Fourier (1772-1837) est contemporain de l’émergence de la conscience environnementale en France et même en Europe. C’est ce dont témoigne son manuscrit Détérioration matérielle de la planète, écrit vers 1821, qui devait prendre place à l’intérieur de son grand traité sur l’association.
En visionnaire, Fourier y articule le dérèglement climatique, la déforestation et l’organisation injuste et incohérente de la « Civilisation » capitaliste. Une voie alternative au productivisme et à la concurrence généralisée se dessine ainsi, entre écologie, hédonisme et socialisme libertaire.
Patrick Samzun enseigne la philosophie au Lycée Marcel Sembat de Vénissieux. Il est vice-président de l’Association d’études fouriéristes, qui publie chaque année un numéro de la revue les Cahiers Charles Fourier.

Format : 12 x 17
Nombre de pages :   pages
ISBN : 978-2-84418-427-6

Année de parution : 2022

Auteur : Fourier Charles Catégorie :

Description

Extrait 1 :

Avant de passer à la théorie, j’ai une dernière considération à faire valoir, c’est la détérioration matérielle de la Planète qui périclite et décline à vue
d’œil, par impossibilité de supporter une si longue durée de l’état subversif. Le sujet semble un peu scientifique, mais je m’efforcerai de le mettre à portée de tout le monde. C’est une discussion qui intéresse particulièrement les Français et autres nations européennes, chez qui l’on voit la température se vicier rapidement, les excès climatériques devenir habituels et les cultures faire des pertes successives.
Il n’est presque plus possible de cultiver l’oranger en Provence, il a gelé à Nice dans l’hiver de 1820 ; l’olivier perd tous les ans quelques vallées et a
rétrogradé d’environ 4 degrés depuis 50 ans. Le nord éprouve les mêmes dommages ; la vallée de Namur a passé consécutivement 7 ans sans obtenir
de récoltes de vins. Les saisons semblent travesties, ramenant l’hiver à l’époque du printemps et tombant dans des excès continuels sans transitions ménagées.
Bref, il est incontestable que la prolongation de la lymbe sociale cause un progrès rapide dans les vices climatériques, et c’est une des considérations à faire valoir pour démontrer l’urgence de sortir promptement de l’état Civilisé, Barbare, Sauvage, et remédier aux  souffrances matérielles de la planète par la même opération qui mettra un terme aux misères humaines.

Extrait 2 :

J’ai dû insister fortement sur la calamité du déboisement, qui est le principal des fléaux superficiels ou cutanés, c’est un résultat inévitable des
cultures civilisées et barbares ; en vain tenterait-on d’y remédier, tant qu’on n’aurait pas détruit la cause, la duplicité ou conflit de l’intérêt collectif avec l’intérêt individuel ; ce vice étant inséparable de l’industrie incohérente, il est absolument inutile de méditer des plans de restauration forestière et climatérique, tant qu’on végétera dans l’ordre incohérent, tant qu’on ne sortira pas de la limbe, civilisée, barbare, patriarcale, sauvage.

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Poids 101 g