Seule au bord de l’étang de Klee

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Des ” Nymphéas ” à ” Seule au bord de l’etang de Klee “, qui a donné son titre au recueil, sept nouvelles se succèdent qui racontent chacune une histoire de femme, l’histoire d’une femme seule.
Jeunes ou vieilles au hasard de leur solitude, l’auteur trace leurs portraits avec un regard simple et profondément humain.
L’écriture, sobre et poétique, confère à l’ensemble des textes un ton juste et sensible.


Format : 12×17
Nombre de pages : 72 pages
ISBN : 978-2-84418-028-5

 

Année de parution : 2002

Auteur : Briquet Pascale Catégorie :

Description

Cinq heures trente du matin. Monet sort de la maison avec son attirail de peintre. Il s’étire sur le pas de la porte. Il regarde le ciel encore sombre. Il respire l’air frais chargé de l’odeur capiteuse des roses trémières, et la terre humide.

Il réajuste la courroie du sac sur son épaule, allume une cigarette et descend les marches d’escalier en s’appuyant sur la rambarde de bois.

Jeudi 8. Je reçois cette lettre de vous : « Rendez-vous samedi 15 heures en face des nymphéas. »

Monet jette sa cigarette sur le gravier. Les capucines recouvrent presque entièrement la grande allée centrale. Un chant d’oiseau déchire le silence du jardin endormi. Il perçoit les prémices de lumière au-dessus des ifs ombrageux. L’obscurité est maîtresse encore. Il se sent heureux, en avance sur le jour, prêt à saisir des impressions nouvelles.

Je relis votre carte, les quelques mots tracés sur le bristol : Samedi 15 heures, les nymphéas…

Monet descend l’allée, tout droit jusqu’au fond du jardin. Il gravit l’escalier de la passerelle, au-dessus de la voie ferrée, puis le pont de bois bleu-vert qui enjambe l’étang aux nénuphars. Il s’immobilise en haut du petit pont japonais. Les fleurs ne sont pas ouvertes. Le soleil pointe à l’horizon. Déjà la lumière inonde le ciel gris-bleu, par endroits. Il n’est pas encore six heures.

Je m’amuse de ces jeux de piste, de ces signes laissés entre nous.

Le peintre contemple le ciel puis l’eau, l’eau tranquille puis le ciel qui s’éclaire au-dessus des arbres, et il descend le pont. Il sait qu’il a une demi-heure environ devant lui, à attendre. Cela le rend plein d’allégresse. Il sifflote un petit air à la mode, en foulant l’herbe humide jusqu’au rivage de l’étang. Il sait que la lumière sera belle aujourd’hui. Il sent cela avec violence.
Il attire à lui le canot amarré sur le bord, pose un pied après l’autre dans l’embarcation instable et s’installe en disposant son matériel dans la barque : les pinceaux, les tubes de couleur et trois toiles. Il travaillera plusieurs jours sur chacune d’elles, au fur et à mesure que le soleil monte dans le ciel et que la lumière transforme l’apparence du paysage…

Informations complémentaires

Poids 101 g