La grève des électeurs (suivi de l’Etat peut nuire gravement à la santé)

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Le texte de Mikael Moazan suit celui d’Octave Mirbeau, La grève des électeurs, c’est une réflexion sur le crépuscule de l’Etat-Nation, l’euthanasie bureaucratique et politique et le renouveau de la personne à travers le principe fédératif. Qui peut penser que c’est un privilège de pouvoir réduire la démocratie aux caprices d’un seul homme ? Qui supporte encore ce Moi, Président, qui sacralise la démesure et l’arrogance tout en consacrant l’isolement progressif de la France ?

 

Format : 12 x 21
Nombre de pages : 70 pages
ISBN : 978-2-84418-330-0

 Année de parution : 2017

Auteurs : Mirbeau Octave, Moazan Mikael Catégorie :

Description

« Les peuples qui ont besoin de héros et de caudillos sont des peuples malades et une démocratie qui se limite à les choisir est condamnée à mort. La nostalgie d’un pouvoir fort n’habite que les esprits faibles qui tentent d’exorciser leurs peurs. Exister, c’est résister, c’est créer une tension contre toutes les tentatives totalitaires, contre le centralisme délétère, contre les  intégrations territoriales, linguistiques et sociales. Si on ne résout jamais les problèmes avec ceux qui les ont créés, on ne crée rien de juste avec des moyens injustes. Cette classe politique qui a fait carrière de l’exercice ininterrompu de mandats électoraux a jeté un discrédit fâcheux sur la démocratie. »

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« Un adolescent volera une bicyclette par ennui parce que la bibliothèque municipale était close et il séjournera en prison. En lisant il aurait pu prendre goût aux lettres et devenir, un jour, écrivain. Qui a porté le plus grave préjudice ?

Ce n’est pas plus de prisons -remodelées ou pas- dont nous avons besoin, mais plus de civilisation. Ne nous méprenons pas : c’est Jean Valjean qui présente la figure du pardon, de la réhabilitation et du bien de la connaissance, alors que le policier Javert, harcelé par les remords de sa conscience famélique, se suicide. En réalité, Javert est l’homme machine, l’homme sans lumière, incapable de discriminer, de juger. Il fait preuve d’une « obéissance de cadavre » comme Eichman le fit plus tard en  obéissant aux ordres d’un Führer quelconque et en obéissant  à la loi dominatrice.

Qu’ont donc fait nos fonctionnaires pendant l’occupation? Que font-ils aujourd’hui ? Que feront-ils demain alors que le contexte ressemble de plus en plus à celui des années 30, au moins en termes d’incohérences et de négationnismes? Objectivement, ils éliminent toute éventualité de conflit psychique en se cachant derrière  les rigidités d’une instance externe, telle que la loi ou l’ordre d’un supérieur ou d’un ministère. « Une de ses anxiétés, c’était d’être contraint de penser » écrit Hugo de Javert. Ces gens-là considèrent la pensée (et donc son fils naturel, le doute) comme une fatigue, une inutilité, un tourment. Pire: une menace, celle de la disparition de leurs certitudes, ce qui leur est insupportable. Ils ont abîmé l’école et plus largement l’appétit de questionner, de critiquer, de chercher, dégradé l’hôpital et plus largement la santé publique et endetté le pays. Ils paupérisent les villes, les départements et les régions. Ils contribuent à l’augmentation du chômage de masse avec une ironie telle qu’elle glace le cœur. Sous peu ils nous priveront définitivement du peu de liberté qui nous reste.

Plus grave encore, de la même façon que pour se débarrasser de son chien on dit qu’il a la rage, ils tournent leurs contempteurs en dérision et les accusent, qui d’une tragique obsession, qui d’intentions malveillantes d’ailleurs surannées. »

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« La France débourse annuellement 150 milliards d’euros  de plus que l’Allemagne en dépenses de dys-fonctionnement. Toutes les évaluations internationales montrent que les services publics français sont les plus dispendieux et qu’ils fournissent un service de moindre qualité que leurs homologues étrangers. Ces services publics dont les dépenses se sont hypertrophiées sont insuffisamment au service du public.

 

Ainsi, une bibliothèque municipale fermée le dimanche et pendant les vacances ne remplit pas sa mission correctement. Elle répond à l’exigence de confort du personnel contre la légitime attente du contribuable et du lecteur.

 

Que dire de Pôle Emploi quand la seule évocation du nom suscite courroux et indignation, résignation ou révolte ? En réalitéles plus assistés sont ceux qui se trouvent avantageusement derrière les guichets et qui organisent à leur profit ces «  cérémonies de disqualification statutaire »(Garfinkel), ces rendez-vous humiliants et déshumanisants pendant lesquels le « sans-nom » devenu « usager-usagé mais jamais citoyen » doit entreprendre des démarches dégradantes comme se désigner publiquement sans emploi. Quel gouffre entre l’urgence de celui qui, sans ressources, ressent l’angoisse de la pauvreté, et la lenteur historique d’une bureaucratie kafkaïenne qui bénéficie de traitements généreux, de tickets restaurant et autres menus cadeaux et qui, telle une nomenklatura de sinistre mémoire, participe à des séminaires dans des établissements de luxe (hôtel-restaurant Relais et châteaux). Quelle compétence réelle possèdent les conseillers quand  Lynda Lavitry observe qu’ils ne sont là que par défaut, à la suite de parcours précaires dans le secteur privé ou d’échecs à d’autres concours ?

De nombreuses catégories de fonctionnaires bénéficient de revenus plus élevés que dans le secteur exposé à l’insécurité en travaillant beaucoup moins alors que ce sont les derniers qui paient les rémunérations des premiers, au prix d’efforts considérables et en prenant de nombreux risques.

On marche sur la tête.

Cette forme anonyme de détournement de deniers publics, à l’origine d’une très grave fracture sociale, fait naître une société de défiance. Elle produit une violence d’autant plus inacceptable qu’elle s’exerce sournoisement : « Qui croit prendre le méchant en flagrant délit, ne trouve qu’un innocent : à la place de la mauvaise intention, on ne trouve plus, dans le détail, que d’excellentes dispositions : naturellement le méchant veut toujours notre bonheur. » V Jankélévitch, Le Mal, Philosophie morale, 1998 »

 

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