La Minute bleue de l’aube

Toute une année, à l’aube, dans la maison encore endormie, laisser venir les pensées, les mots. S’accorder une minute bleue : un îlot de poème avant le tourbillon du jour.

Il y a tant de bruit au fond de moi
Pourtant je dors dans mon enfance

                 ***

Où sont les clés de l’horizon

J’attends que l’aube s’échappe
On ne retient pas la lumière


Format : 12×17
Nombre de pages : 122 pages
ISBN : 978-2-84418-377-4

Année de parution : 2019

13,00 

Catégorie :

Dehors la lumière est lointaine
Ferme les volets

Que rien ne puisse partager mon silence

***

Le ciel respire

Et moi
cheveux en arrière
dans son haleine grise

flotte doucement
comme une noyée

***

Elle monte du sol
la rumeur de l’aube

Elle était à l’étroit sous la terre

 

Écrire
Tenir ouverte
la bouche de l’enfance

***

La nuit s’éloigne

Délivrances heureuses
futurs fantômes

peinent à m’apprendre qui je suis

***

Paupières ouvertes
ce voile sur mes yeux

Est-ce la peau des rêves
ou la mélancolie

 

 

Oublie-moi nuit tardive

Tu veux jouer pile et face
Je m’interpose

Je n’aime pas mourir

***

L’aube
me tient muette
Je n’écris rien

Les mots
ne sont pas pour moi
ce matin

***

Poème

Exil intérieur
où l’on demande asile

à soi-même

 

 

On dirait
le coq chante à l’avance

Plongée dans le très noir
de mon café

Je n’ai pas vu le jour
arriver

***

Visage du jour

Un être qu’on a cessé d’aimer
mendie ta voix au téléphone

On lui garde la tendresse
On ne veut plus de ses baisers

***

Au mitan de la nuit
même les oiseaux dorment

Seuls les chats savent
où s’est caché le ciel

 

 

Poème inconnu

Voir avec les mots
la réalité est aveugle

***

On ne chasse pas la nuit
Elle s’en va
(c’est doucement)

***

La pluie tombe en fagots
Je les réunis

Le soleil levant
allume un grand lac de joie

 

 

Échanger
mon souffle
avec la nuit

Que son silence
de moi s’empare

s’écrive aussi

***

Entends-tu le pouls ralenti
de la nuit

L’aube
comme une paix retrouvée
une convalescence

***

La nuit est l’unique peau
des désespérés

 

 

L’obscurité nous dilue
nous sème et nous mue
éteint bien avant l’aube
toute idée de nous-mêmes

***

Où sont les clés de l’horizon

J’attends que l’aube s’échappe
On ne retient pas la lumière

***

Revenir de la nuit
comme
du bout de soi-même

Garder la mémoire
de ce qui a tremblé

Poids 101 g
Auteur

Fenzy Estelle

Éditeur

Collection La Part Classique